Feuilleton (tur)
Selon le calendrier de la rédaction, notre rédacteur histoire vit dans cette ville depuis vingt ans. En vingt ans, la ville a connu sept saisons de mue. Le présent article en constitue le premier relevé.
La première semaine de la saison de mue, les humains ne s'aperçoivent généralement de rien. Ils sortent comme d'habitude, vont au travail comme d'habitude, et découvrent comme d'habitude, sur leur manteau noir, le premier poil qui n'est pas le leur. La prise de conscience a lieu la deuxième semaine : ils commencent à acheter une fourniture appelée « rouleau anti-poils ».
Le rouleau anti-poils : un baromètre de civilisation
Notre rédacteur histoire a observé sept saisons de mue et constate que le pic de ventes de rouleaux anti-poils tombe toujours autour du mercredi de la deuxième semaine. Ce moment est exactement celui de « l'aveu » — les humains admettent que la saison de mue a commencé et qu'ils ne peuvent pas l'arrêter.
Lors de la troisième saison de mue, un centre commercial de la ville avait tenté d'installer à son entrée une pancarte « animaux interdits ». La pancarte a vécu onze jours. La rédaction estime qu'elle n'a pas été retirée mais diluée : d'abord quelqu'un est entré par la porte latérale avec un chat dans les bras, puis quelqu'un est entré par la porte principale avec un chat dans les bras, et finalement une seconde pancarte est apparue à côté de la première — « prière de ne pas mettre les animaux dans le caddie » — qui, elle, a vécu plus longtemps, parce que sa demande était précise.
Note sur « la septième »
Ce qui distingue la septième saison de mue de la première n'est pas la quantité de poils, mais l'attitude des humains. À la première, les humains considéraient la mue comme un problème à résoudre ; à la septième, ils la considèrent comme une saison à gérer. Le changement intervenu entre les deux mérite, selon la rédaction, d'être consigné plus que n'importe quelle mue elle-même.
La rédaction continuera de consigner. Le rythme est lent, mais le récit est complet. Prochain épisode : la onzième pluie de cette ville, et pourquoi les humains achètent trois parapluies dans la même rue.
Corrections & note
Texte de commentaire fictif, du point de vue animal. Les faits sont signalés par « selon nos observations » ou vérifiés par le Perroquet. Pour toute question professionnelle, consultez un professionnel humain.
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